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🎧 Arnaud Magema, chargé de communication numérique à Sevran

Dans ce nouvel épisode, Arnaud Magema, chargé de communication numérique à Sevran va nous parler de son territoire, des banques, des habitants, acteurs de la communication municipale, d'évaluation des actions de communication, mais aussi de la santé mentale des communicants publics et de l'importance de faire de la communication de proximité.

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Arnaud Magema

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Damien Pfister : Aujourd’hui, nous allons à la rencontre d’Arnaud, chargé de communication numérique à Sevran. Il va nous parler de son territoire, des banques, des habitants, acteurs de la communication municipale, d’évaluation des actions de communication, mais aussi de la santé mentale des communicants publics et de l’importance de faire de la communication de proximité. Bonne écoute !
Bonjour Arnaud. Merci de m’accueillir. Est ce que tu peux te présenter et présenter ta collectivité s’il te plaît ?

Arnaud Magema : Oui bien sûr. Je m’appelle Arnaud Magema, j’ai trente six ans et je travaille à la Ville de Sevran. Donc Sevran c’est une commune du département de la de la Seine-St-Denis de cinquante et un mille habitants.

Damien : Merci. Est ce que tu peux me présenter un peu ton parcours professionnel ?

Arnaud : Oui bien sûr. Donc moi j’ai fait des études en information et communication à l’université de Saint-Denis et un master en politique de communication à l’Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines. Ensuite, j’ai fait. J’ai travaillé pendant cinq ans à la mairie de Guyancourt dans les Yvelines, où j’ai côtoyé une communicante que tu connais bien, Anne-Caroline Poincaré. Ensuite, j’ai eu plusieurs expériences, même en dehors de la communication. J’ai travaillé dans une agence qui faisait de la recherche de bénéficiaires d’assurance vie. Ça fait deux ans que je suis à Sevran, dans une équipe d’une quinzaine de personnes dirigée par Magali Andreu, que je salue aussi. Je suis community manager.

Damien : Merci Arnaud pour cette présentation. Est ce que tu peux me présenter ou expliquer l’action dont tu es le plus fier ?

Arnaud : Avec Mehdi Boudarène et l’équipe l’année dernière, on a créé un nouveau format dédié à nos réseaux sociaux, notamment Instagram et Tik Tok. Dans l’idée de toucher un peu plus et un peu mieux, notamment nos cibles jeunes, on a créé ce podcast qu’on a appelé dans le Banks avec Ça vient d’un terme un peu, si je peux dire, un peu d’argot. Le banks. Le banks qui représente le quartier. Dans le langage djeuns, je ne sais pas si on est dans la tranche d’âge, mais en fait, le but de ce de ce format, c’est d’aller à la rencontre d’habitants qui ont fait des choix d’habitants, entre guillemets un peu inspirants, ou qui qui mènent des actions, soit qui ont un impact local, soit qui ont fait des choses un peu particulières au niveau de la ville et d’aller avec elles pour qu’elles nous racontent leur parcours au sein de leur quartier. Donc on les suit à travers leur quartier, etc. On voit, on rencontre les personnes qui sont importantes pour eux, les lieux qu’ils ont fréquentés, etc. Et c’est une vraie fierté pour moi parce que c’est déjà un format qui marche très bien. Ce qui marche super bien auprès de auprès de nos habitants. Je trouve que c’est une belle façon pour nous de mettre, de mettre en lumière nos habitants et et nos quartiers qui sont parfois présentés de façon assez assez négative. Et là de montrer des personnes qui aiment leur ville, qui font des belles choses pour leur ville, pour leurs concitoyens, etc. Qui sont engagés. Je trouve que c’est une très, une très bonne chose et ça me permet de rencontrer des personnes vraiment, vraiment formidables.

Damien : Vous l’avez construit comment ce podcast ? Vous avez combien d’épisodes aujourd’hui ?

Arnaud : C’est pas exactement un podcast, c’est un format. Moi j’aime bien appeler ça un format un peu StreetPress, c’est à dire qu’on se rend sur le terrain avec l’habitant, on le filme à travers son quartier en lui posant des questions. Donc c’est un format vidéo, D’accord, C’est un format vidéo reels pour Instagram et vidéo Tik Tok, donc un format vidéo vertical. Et pour l’instant on en a posté, on en a publié trois, on a notre troisième. On en a d’autres qui arrivent et voici la manière dont on s’y prend : on a établi une liste d’Habitants, on se. On s’appuie beaucoup sur le magazine de la ville, parce que les collègues du magazine font déjà ce travail formidable des portraits d’habitants dans le magazine. Donc, ils ont un certain carnet d’adresses, dont un certain nombre de contacts, et aussi sur les autres services de la ville, notamment le service jeunesse, avec les collègues du PIJ qui sont juste à côté et qui nous aident beaucoup à entrer en contact avec les jeunes, à nous, à nous aider à cibler les jeunes.

Damien : Et du coup, tu disais que ça fonctionne bien. Comment tu arrives à mesurer aujourd’hui ? Comment vous arrivez à évaluer un peu ce nouveau format que vous avez sorti ?

Arnaud : Premièrement, de la manière la plus naturelle pour un community manager, c’est à dire les indicateurs sur les réseaux sociaux. Donc on regarde, bien sûr il y a tout ce qui est like, partage, etc. C’est des, c’est des. Ce sont des formats qui sont très partagés, que ce soit en story et même, je pense, Bon, ça on n’a pas la vision dessus, mais je pense que les gens le partagent beaucoup, par exemple sur WhatsApp, etc. Dans les dans les messageries, on a un taux de. On a un taux de vue qui est assez important. Ce sont des formats qui ne nous apporte pas mal d’abonnés aussi supplémentaires sur nos différents comptes. Et puis quand on est. On va à la rencontre des personnes. En fait, souvent les personnes, on a. On a l’occasion, enfin parfois les personnes, on a l’occasion de les revoir dans la rue et donc elles nous reconnaissent, elles vont nous remercier, etc. Donc c’est ces indicateurs là qui me permettent de de de croire en tout cas d’être convaincu que c’est un format qui fonctionne bien auprès de, de de nos habitants. OK. Et du coup, par rapport à ce format, c’est vrai qu’on voit de plus en plus une humanisation en fait des réseaux sociaux, notamment des collectivités territoriales où elles ont tendance à en effet à mettre plus en avant l’humain et des personnes en direct.

Damien : Est-ce que tu penses que ça, cette dynamique, c’est quelque chose qu’il faut que les collectivités appuient ou continuent dans cette dans cet angle, d’humaniser les réseaux sociaux ?

Arnaud : Tout à fait. Moi, je suis très consommateur de ce type de contenu. Je pense notamment à la ville de Tours. Je trouve qu’ils font un travail formidable et j’en profite pour les pour les saluer. Je parlais récemment avec leur community manager Nicolas sur LinkedIn. Ils font vraiment un travail formidable. Ça, ça aide à voir les collectivités autrement que sous le seul prisme purement institutionnel. Ça permet de montrer justement qui sont les personnes. Bon, pour la ville de Tours, c’est beaucoup d’incarnation des communicants eux-mêmes. Et nous, ce qu’on essaye de faire, c’est vraiment incarner les. Enfin, de mettre en avant les habitants, c’est. C’est très positif pour montrer la richesse de nos territoires.

Damien : Oui, je suis assez d’accord avec toi parce que en fait, moi je suis vraiment un pourvoyeur de la parole publique via les habitants. Je reste convaincu que le meilleur vecteur de communication qu’on peut avoir, c’est l’habitant en lui même qui explique en effet les politiques publiques, mais aussi potentiellement sa vie, sa vision de la ville. Et moi je reste convaincu que c’est les meilleurs ambassadeurs sur le territoire des territoires. En fait, c’est eux qui vivent la ville et ils sont des bons vecteurs de valorisation des territoires, quel que soit le territoire. En effet. Quatre vingt treize En particulier, mais je pense que tous les communicants devraient solliciter les habitants pour pour faire rayonner leur ville.
Tu as souhaité parler de santé mentale. Je te laisse la main.

Arnaud : Au départ en tous cas, quand j’ai commencé dans le métier, ce n’était pas forcément un sujet qui me préoccupait ni un sujet sur lequel j’étais. J’ai été sensibilisé. Mais c’est vrai que enfin, l’année dernière je crois, il y a il y a celui qui a sorti une étude sur les communicants, en tous cas sur les community managers. Et il y a tout un tout un volet santé mentale et qui m’a fait prendre conscience que justement du sujet. Et après, c’est vrai que ça m’a fait aussi prendre fin. Moi j’ai répondu à cette enquête là et ça m’a fait me questionner sur ce sujet là. Et c’est vrai que moi aussi j’ai pu, enfin ça m’a fait prendre conscience qu’à des moments j’ai pu peut être pas passer par des expériences de burn out ou quoi, mais peut être arriver dans des moments de stress que je savais pas forcément nommer. Alors je trouve que c’est vraiment un sujet central pour nos métiers, surtout qu’on est parfois amené, en tant que community manager, sur des métiers où parfois, la frontière entre la vie professionnelle et la vie personnelle peut être un peu ténue. On est sur des outils qu’on a tout bonnement tout le temps dans la poche. Donc ils contiennent un certain nombre de pièges. On fait face à des plateformes qui ont qui sont conçues d’une telle manière à capter en permanence notre attention et à retenir, enfin essayer de nous garder captif tout le temps sur leur plateforme. Donc c’est pas très simple à gérer et c’est pour ça que je trouve que c’est un sujet sur lequel le travail que fait Café Philo notamment est formidable, et c’est peut être un sujet sur lequel on pourrait faire un peu plus de de sensibilisation, de peut être de formation ou d’accompagnement peut être pour les pour les communicants que nous sommes, pour pouvoir préserver justement notre santé mentale dans ces métiers et.

Damien : Depuis cette prise de conscience, est ce que tu as des conseils ou est ce que tu as mis en place quelque chose pour ta propre santé mentale, pour essayer de te préserver ?

Arnaud : Alors moi j’ai la chance ici à Sevran, comme tu le vois, là où est situé l’hôtel de ville, on est au milieu d’un parc, un très beau parc, le parc Louis Armand. Donc moi, tout bonnement, ce que je fais c’est me promener dans le parc une à deux fois par jour pour couper justement par rapport à tout ce que tout ce qui est écrans, etc. Mon téléphone pro, j’essaye de l’utiliser vraiment que pour le travail. Au niveau perso, j’ai un peu mis les réseaux sociaux de côté au niveau perso, c’est à dire que moi aujourd’hui je n’utilise les applications de réseaux sociaux presque exclusivement que sur mon téléphone professionnel, justement pour pouvoir couper parce que c’est facilement très actif. Enfin certains plus que d’autres, mais c’est facilement très addictif. Après conseils en tant que tel, prenez soin de vous. Prenons tous soin de nous et prenons conscience de l’importance qu’a notre santé mentale.

Damien : Merci Arnaud pour cette sensibilisation importante et protégeons nous. J’aimerais que tu nous partage une valeur, un aspect essentiel que tu retires de ton travail. Qu’est ce qui est important pour toi au quotidien ?

Arnaud : Un aspect important que je retire de mon travail au quotidien, c’est la proximité avec les habitants et avec le territoire. Moi c’est vraiment quelque chose qui me qui me tient beaucoup à cœur, même si je ne suis pas forcément tous les jours sur le terrain physiquement. Mais en tant que community manager, on reçoit aussi beaucoup de sollicitations des habitants, que ça soit dans les commentaires de nos posts ou en messages, en messages privés. Et ça montre à quel point on a des métiers qui sont qui sont importants dans le sens où c’est pour certains habitants. En tout cas, ça va être un premier contact avec la collectivité. Et justement, cultiver cette proximité, cette capacité d’écouter les habitants, de leur répondre, d’être réactifs, etc. C’est un aspect très important du métier à mon sens.

Damien : Merci. Pour terminer, j’aimerais que tu te projettes sur un avenir plus ou moins proche, et est ce que tu as une idée de ce que pourrait devenir ton métier ? Nos métiers de communicants publics d’ici une dizaine d’années ? Comment tu projettes ça ?

Arnaud : Alors si je devais sortir ma boule de cristal, je dirais qu’on est déjà aujourd’hui entrés dans l’ère de l’IA générative. En tout cas, c’est le sujet tendance. Enfin, je ne sais pas si je dois dire tendance, mais c’est le sujet qui retient l’attention de tous. Où est ce qu’on va aller avec lui ? Jusqu’où allons-nous aller avec l’IA ? C’est pas une réponse très précise mais c’est peut être ce qu’il y a. Est ce que l’IA va remplacer nos métiers ? Ça c’est la question que tout le monde se pose. Moi je pense pas. Je pense pas que l’IA va totalement nous remplacer. Par contre l’IA va est déjà peut être en train de modifier en profondeur nos métiers, ça on aura plus de temps pour se concentrer sur de la réflexion, sur de la création, sur raffermir le lien avec les habitants. Ça va nous permettre, ça nous permet même déjà de de gagner du temps, d’automatiser certaines tâches qui sont un peu rébarbative. Et je pense que le communicant de demain, dans dix ans, ce sera sûrement un communicant qui aura une maîtrise un peu plus avancée de tous ces outils là, qui sera sensible à ces outils là d’intelligence artificielle qui seront aussi sensibles à toutes les questions de sobriété, qui sera sensible à toutes les questions autour de l’environnement, qui sera sensible aussi à sa santé mentale. En tout cas, c’est comme ça. Si je pouvais avoir un souhait pour le communicant idéal des dix prochaines années, ça serait celui ci. Pour faire le lien avec ce que tu disais tout à l’heure, peut être que l’IA va nous aider à avoir une meilleure santé mentale de ce qui de ce que certains disent, l’IA nous aiderait même peut être à avoir une meilleure santé. Certains disent que l’IA nous permettra d’effacer toutes les maladies d’ici deux mille trente cinq deux mille quarante. Je n’en sais rien, mais en tous cas, j’espère que, en tant que communicants, on sera en mesure de prendre tout ce qu’il y a de positif à prendre dans ces nouvelles innovations et qu’on ne soit pas dépassé parce que c’est aussi une des craintes. Est ce que l’IA va remplacer nos emplois ? Est-ce que l’IA va nous remplacer tout simplement ? Donc moi j’en sais rien, mais mon espoir c’est qu’on sera assez intelligents collectivement pour en faire quelque chose de positif pour nos métiers et pour nos concitoyens.

Damien : Merci Arnaud, est ce que tu as un dernier mot pour terminer cet entretien ?

Arnaud : Nos territoires ont beaucoup de richesses et à mon sens, la première richesse de nos territoires, ce sont les humains, les gens, nos concitoyens, les habitants. Il y a vraiment des choses formidables qui s’y passent. Il y a des personnes formidables à mettre en avant, des initiatives, de l’engagement et c’est ce qui fait de la communication publique un ensemble de si beaux métiers.

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Directeur de la communication et des relations publiques chez Mairie de Villeparisis.