FUYEZ PAUVRES FOUS !!!
Communicants ou citoyens, nous avons adoré ça. Quand nous avons lancé les premières pages de collectivités, habitants et habitantes se demandaient un peu ce que nous faisions là-dessus. Et puis ils ont suivi. Un souhait de communiquer au plus près, un principe « d’aller vers », une alerte ultra rapide grâce aux notifications… nous croulions sous les likes et les commentaires nous remerciant pour les informations, parce que l’institution se mettait à la hauteur du citoyen et lui donnait la parole. ENFIN, madame Michu pouvait dialoguer directement avec son maire. Les communications étaient irrégulières, nous n’avions pas encore les codes. Est-ce pour cela que ça fonctionnait ? C’était un peu roots, un peu artisanal, mais ça marchait. Alors nous avons voulu être plus efficace. Nous avons cherché à comprendre l’algorithme, pour être plus lu, pour aller plus loin. Nous avons voulu sortir de nos frontières pour faire du marketing territorial. Nous avons payé pour que nos publications soient vues, plus seulement par nos habitants, mais par des dizaines voire des centaines de milliers de personnes. Nous avons théorisé et avons quitté la proximité et le rapport humain, nous sommes redevenus des communicants à 99 francs. Nous nous sommes pris pour des multinationales, et nous avons eu le retour que nous méritions. Les abonnés pouvaient nous parler, alors ils nous ont parlé.
Et qu’est-ce qu’on a pris ! Quand on ne publiait pas de chatons (bien sûr que vous l’avez fait aussi !), l’esprit café des sports s’engouffrait dans nos flux. « On paye des impôts », « les élus sont déconnectés », « encore l’idée d’un fonctionnaire ». Plus moyen de présenter un projet, le développement d’une politique publique ou un message de prévention sans se faire troller puissance infinie. Nous nous sommes dit « c’est l’esprit français », ce petit côté révolutionnaire tendant à remettre en cause l’establishment pour mieux le faire avancer.
Pourquoi pas. Nous avons cette réputation de râleurs invétérés jusqu’à la plus petite taverne d’Ulan Bator. Mais sommes-nous, NOUS, réellement là pour ça ? D’abord chargé de communication chargé des diffusions sur les médias sociaux, nous sommes devenus Francis, patron du Balto. Mais nous avons trouvé un terme plus élégant : modérateur. Et puis barman ça ne le faisait pas dans la fonction publique, alors on a appelé ça Community Manager. Parfois nous étions serveur (Social Media Manager), cuisinier (Social Content Manager)… mais dans tous les cas,…