⭐ Une histoire de lessive… et de réseaux sociaux

Mélanie Gète
Par Mélanie Gete

Peut-être avez-vous déjà éprouvé, comme moi, des difficultés à expliquer à vos collègues que publier sur les réseaux sociaux, ça ne s’improvise pas, même quand on a l’impression de savoir parfaitement s’en servir à titre personnel ? C’est de moins en moins le cas chez moi parce que je sais mieux expliquer le sens de mon travail… pour autant, cette analogie qui m’est venue il y a quelques jours pourrait toujours me servir, et peut-être à vous aussi.

Nous avons réparti les tâches au sein de notre foyer et la lessive de la famille m’incombe. Il arrive parfois que mon compagnon manifeste l’envie de « m’aider » ; dans son idée, un geste relativement désintéressé et qui se veut réellement bienveillant. Il a toujours du mal à comprendre que je ne saute pas de joie face à cette aide.

Oh, merci, vraiment !

Parce que ce n’est pas sa tâche principale, il n’a pas de vision d’ensemble de mon fonctionnement ni des micro-ajustements permanents que je mets en œuvre pour la mener à bien.

J’avais peut-être vaguement prévu d’attendre d’avoir assez pour lancer une machine à 30 pour rajouter mes baskets ni très sales ni complètement propres…  ou prévu une lessive spéciale linge de maison.  J’aurais probablement instinctivement re-trié le linge pour éviter un accident de lavage, adapté les programmes ou les produits (rajouté une lingette anti-décoloration à cause d’un vêtement rayé, enlevé l’assouplissant pour les serviettes, etc.).

Sans oublier le timing, primordial, qui m’amène généralement à programmer mes lessives pour ne pas laisser du linge humide se froisser toute la journée dans la machine, ou pour le sortir encore tout chaud du sèche-linge et le plier tout de suite, afin de ne pas avoir à le repasser.

J’optimise, quoi.

Il a fallu surtout qu’il comprenne que c’était pas un héros de lancer une machine si derrière c’était toujours moi qui me cognais l’étendage, le pliage et le rangement… (c’est bon c’est intégré maintenant, merci de demander, même si le pliage est perfectible 😅)

Bref, j’ai acquis, pas par mon sexe 😈 mais par mon expérience, une relative compétence dans la gestion du linge de la famille et j’y applique donc certaines stratégies pas forcément évidentes aux yeux du profane.

C’est exactement pareil pour mes programmations sur les réseaux.

Je sais assez bien, à force d’expérimentation, quels thèmes fonctionnent mieux sur Facebook et ceux qui vont cartonner sur Instagram, ou de quelle façon adapter leur traitement à chaque. Que je peux doser différemment les médias ajoutés en fonction du réseau de destination. Que j’ai intérêt à limiter telle formulation à cause de certains abonnés que ça fait bondir, qu’à l’inverse en abordant tel sujet sous tel angle, en rajoutant certains mots-clés, me le fera mieux passer. Qu’il ne faut pas copier-coller l’intro d’un article mais rerédiger pour faire court et impactant.

Que je dois vraiment éviter de publier un sujet qui fera polémique un vendredi soir au risque de passer un week-end pourri…  Que j’ai intérêt à espacer/limiter les publications pour laisser une chance à certaines d’être vues. Et à varier les thèmes et leur traitement pour ne pas lasser. Parce que derrière l’algorithme de Facebook me le fera payer, aussi.

Une stratégie au poil de chat près.

Je sais surtout que poster quelque chose sur les réseaux ce n’est que le début du travail. Qu’il me faudra ensuite surveiller les réponses et potentiellement modifier si j’ai commis une grosse erreur (ça arrive aux meilleurs) ou manqué de précision, répondre aux questions si ce n’est pas clair ou si les lecteurs ont la flemme de cliquer sur le lien (la base, TMTC). Plus tard, analyser ses performances, les inclure en les expliquant dans mon bilan et surtout intégrer les enseignements de ses résultats dans ma connaissance globale de notre communauté.

Contrairement à ma gestion de la lessive, pour laquelle je n’ai jamais ressenti l’intérêt d’éditer un mode d’emploi à l’intention de mon conjoint (quoique…), je partage cette connaissance avec mes collègues, via l’édition d’une ligne éditoriale, d’une charte d’utilisation, de bilans réguliers. Celles et ceux qui en ont pris connaissance, en particulier au sein de la direction communication, ne sont plus les plus pressés de prendre la main sur nos réseaux sociaux car ils ont pris conscience que ce n’était pas anodin, malgré l’apparente facilité de la chose…  et quand ils le font, c’est vraiment à bon escient.

Please…

Mais… j’ai toujours des services pour me demander de « faire un rappel sur les réseaux » (alors que la cible est très localisée ou restreinte) ou m’envoyer une publication prête-à-poster en croyant me rendre service alors que c’est écrit en jargon administratif ou monté avec un logo détouré à la hache 😅

Et chez vous ?

De quelle façon vos collègues pensent-ils pouvoir vous aider ? Et comment accueillez-vous ces bonnes volontés ?

Mélanie Gète
Mélanie Gete est social média manager et attachée de presse pour la ville de Vitry-sur-Seine et membre du comité de pilotage de l’Observatoire socialmedia.

⭐️ Retrouvez tous les articles de notre blog collaboratif dans la rubrique Expertises. Une idée de sujet ? Contactez-nous pour rejoindre le club des auteurs !

NB : cet article est en accès libre pendant une semaine puis réservé aux membres de l’Observatoire (inscription gratuite ici)