⭐️ Les groupes Facebook (pour les nuls) !

Sur ce blog, vous avez déjà pu lire un article sur les groupes Facebook, mais qui sont-ils vraiment ?

Contrairement aux pages, dont les publications sont mises en avant via le fil d’actualité, les publications des groupes ne peuvent pas être sponsorisées. Elles ne répondent donc pas au principe de monétisation de Facebook. D’un point de vue éthique (mais aussi pour répondre au principe de service public), il est intéressant d’exploiter un format qui ne répond pas à une logique de (sur)consommation, non ? Vous l’aurez compris, entre groupes et pages, l’algorithme agit donc différemment.

Les publications de vos pages sont effectivement mises en avant via le « fil » en fonction de différents critères dont les habitudes et comportements des utilisateurs. En bref, un habitant verra votre publication via votre page si il s’intéresse déjà à des actualités similaires aux vôtres.

Depuis 2018, l’algorithme a tendance a donner de l’importance aux publications des amis, de la famille mais également des groupes puisque les utilisateurs veulent retrouver de l’authenticité via Facebook. Il faut le dire, les pages (considérées davantage comme publicitaires) sont donc mises de côté par notre cher Mark !

De plus, depuis 2022, l’algorithme propose des « actualités pertinentes » via votre fil. Les actualités pertinentes sont celles qui génèrent (entre autres) le plus d’interaction. Les publications via les groupes, sont celles qui sont généralement les plus commentées par les utilisateurs et donc génèrent justement ce qu’on appelle l’interaction. Pour faire simple, investir les groupes c’est aussi mettre en avant vos informations car vous serez automatiquement visible sur le fil de vos habitants ! L’algorithme privilégiant aujourd’hui les contenus des proches mais aussi les relations entre les internautes : discutez via les groupes et vous serez considérés comme amis de vos habitants. Banco, on le dit et redit, la com publique c’est aussi savoir créer du lien !

Par retour d’expérience, sur un même sujet, il m’est arrivée d’avoir beaucoup plus de visibilité en réponse à un commentaire d’un habitant sur un groupe Facebook que sur ma propre publication officielle via la page de la ville. À méditer… Surtout quand on a déjà remarqué la baisse du reach organique via nos pages !

Un groupe Facebook, dans quel but ?

Vous l’aurez compris, votre présence sur des groupes Facebook vous permettra d’être d’autant plus visible mais également :

  • Que les habitants parlent pour vous : c’est la technique de l’ambassadeur et ça fonctionne ! Surtout quand les habitants sont de plus en plus méfiants envers les institutions. Ce n’est pas parce que ce n’est pas la collectivité qui le dit qu’elle n’est pas valorisée.
  • De limiter les fake news : laisser parler les habitants mais rétablissez les vérités.
  • D’effectuer une veille très facile de ce qui se dit sur sa collectivité : si ils le disent sur un groupe, il ne le disent pas ailleurs ! Vous pouvez alors contrôler et répondre.
  • De développer un sentiment d’appartenance : faire partie d’un groupe au sens propre du terme !
  • D’éduquer : vous lirez de moins en moins de fausses informations car vous communiquerez davantage.
  • De développer de l’interaction. Contrairement à vos pages, les infos seront moins verticales et descendantes.

Comment ça marche concrètement ?

Pour mieux comprendre les objectifs, il faut comprendre comment fonctionnent les groupes.

  • Privés ou publics ? Les groupes peuvent êtres privés ou publics. Un groupe public pourra être consulté par tous et l’ensemble de ces publications seront visibles. Les groupes privés sont quant à eux visibles seulement par les membres du groupe qui doivent eux-mêmes être acceptés par un administrateur. Mettre votre groupe en « privé » est un premier acte de modération car vous allez forcément filtrer vos abonnés. Effectivement, vous pouvez même proposer des questions avant d’intégrer le groupe.

Les groupes sont donc gérés par des administrateurs : des agents, des élus et même des habitants. L’administrateur peut être un profil mais aussi une page. Vous pouvez donc administrer votre groupe avec votre page de manière plus officielle.

  • Quelles règles ? Établir des règles va vous permettre, lors de l’administration, d’indiquer à l’habitant pourquoi sa publication ne peut être publiée en lui indiquant directement celle non respectée. Elles permettent évidemment une meilleure modération (qui peuvent aller jusqu’au droit à la déconnexion, mes cher.e.s CM!)
  • Une gestion différente : les publications mises en avant sur vos groupes seront les dernières commentées.

Les groupes : en créer ou s’incruster ?

En com publique on diffuse de l’information aux habitants ? Oui ! Mais créer du lien c’est encore mieux et c’est possible… Grâce aux groupes sur Facebook !

Voici donc quelques témoignages de communicants publics qui ont fait l’expérience des groupes. Entre ceux qui ont ouvert un groupe géré par la page officielle de la collectivité, ceux qui effectuent une veille via des communautés déjà existantes, ceux qui sont devenus administrateurs d’un groupe qui était initialement géré par un habitant et enfin ceux qui m’ont livré d’autres expériences via les groupes… Une fois de plus, les collectivités se sont appropriées les réseaux pour communiquer efficacement !

Les communicants qui ont ouvert des groupes Facebook en ont fait l’expérience :

> TRANSPARENCE :
Laissez la parole aux habitants, faites leur confiance mais répondez-leur ! Il serait inutile d’ouvrir un groupe sans transparence car ce serait comme ouvrir une page en bloquant les commentaires, si vous voyez ce que je veux dire…

> QUI ?
La gestion du groupe est-elle effectuée par le service com ? Par un service spécifique ? Par des élus ? Des habitants ? L’administrateur doit se faire connaître pour rendre une fois de plus la communication visible et surtout lisible. Le dire, c’est aussi l’assumer en interne. Encore une fois, dans un souci de transparence…

> FAIRE UNE PLACE AUX PUBLICATIONS EXTRA-MUNICIPALES :
Les associations vous sollicitent constamment ? Certains ont ouvert des groupes afin de désengorger leur page Facebook officielle de toutes les infos qui ne sont pas à proprement parler « municipales » et ça fonctionne !

> DE QUOI PARLONS-NOUS ?
Des groupes thématiques, des groupes génériques… Il y en a de toutes sortes et avant toute chose, il faudra déterminer de quoi votre groupe va parler avec une question principale à se poser : avons-nous (la collectivité et les habitants) assez de choses à dire ? Des communicants ont fait l’expérience d’ouvrir un groupe qui n’ayant pas assez d’actualité doit se fermer rapidement… Attention également aux changements de politique !

> QUI SONT VOS CIBLES ?
Ils ont été plusieurs à me le faire remarquer : les jeunes sont de moins en moins présents sur Facebook. Est-ce donc utile d’ouvrir un groupe pour les étudiants ?

Faites bien la différence dès maintenant entre une page et un groupe. Sur votre page, l’information restera descendante même si les commentaires sont ouverts. Sur un groupe, ce sont vos administrés qui parlent généralement avant vous ! Vous êtes plutôt là pour commenter et c’est un peu nouveau pour nous, les community manager !

Ils réalisent une veille sur un groupe déjà existant :

Ce n’est pas Marie s’infiltre mais Florie s’incruste… Florie Doublet pour Châtellerault a fait l’expérience des groupes en s’engageant dans ceux des habitants. Cela lui permet notamment d’y partager les publications de la ville. Elle aimerait aujourd’hui rapatrier les pages des équipements, via des groupes thématiques afin de faire connaître l’ensemble des équipements de la collectivité (comme les médiathèques) aux administrés. Le fonctionnement des groupes correspondant bien aux besoins des équipements de l’agglomération en matière de communication sur les réseaux : proximité avec les usagers et échanges privilégiés à la manière d’un forum.

Lilian Brayat de la ville de Nouvoitou m’indique également que lorsqu’un groupe existe et fonctionne il est parfois plus intéressant de le rejoindre plutôt que d’en créer un nouveau. Par contre, il est nécessaire d’y effectuer une veille car on parle de nous !

« Les collectivités locales ne doivent pas forcément gérer ou créer des groupes, mais elle se doivent d’y être. Sa présence légitime le groupe. Mais cela permet aussi de faire de la veille et de prendre la température de son territoire. Le service public de la communication, ce n’est pas juste diffuser des informations. Nous nous devons également de vérifier que nos informations ne soient pas seulement diffusées, mais aussi comprises. En cas de mise en place de “communication de crise”, le groupe Facebook devient notre allié pour transmettre les messages. Dans les groupes que j’ai eu à gérer professionnellement, régulièrement c’était les utilisateurs qui diffusaient les infos de la collectivité et ça, c’est tout bénéf pour nous. Pour moi cela signifie que le citoyen s’est approprié le groupe, mais aussi sa collectivité. La communication est un service public. Elle doit participer à rendre un territoire vivant et ses citoyens fiers d’y appartenir. Et là, le groupe Facebook fait parti des moyens d’y arriver »

Ils sont présents sur un groupe mais ils vont un peu plus loin…

C’est le cas de Marie Crestey pour la Communauté de communes de la Dombes, selon elle, les groupes existants suffisent, comportant chacun, 130 000 membres pour celui de sa Comcom et 7000 membres pour celui de la ville de Châtillon-sur-Chalaronne. Cependant, elle a déjà pris contact avec l’administrateur pour épingler des publications de sa collectivité, sur le groupe. Cet administrateur est effectivement déjà engagé pour son territoire. Vous pouvez très bien l’associer à votre communication et on le sait, quoi de mieux que quelqu’un qui parle pour nous et nous représente ?

Un gestion différente pour certaines collectivités

Parfois, la gestion des groupes (et des réseaux sociaux en général) est différente selon les collectivités. J’ai été contactée par des élu.e.s qui gérent eux-mêmes des pages et/ou groupes « indépendants de la municipalité ». Pas toujours évident, pour nous communicants, de gérer cela !

Enfin, certains communicants décident d’aller plus loin dans la gestion en publiant en leur propre nom via les groupes. Une vision à assumer et qui leur permet de se rapprocher de leur communauté. Pour autant, est-ce que les habitants ont vraiment conscience de qui ils sont et pour qui ils parlent ?


Comme vous le voyez, les groupes Facebook soulèvent de nombreuses questions finalement propres à la communication numérique et plus largement au rôle de la communication publique. Je tiens sincèrement à remercier l’ensemble des communicants qui m’ont contactée, en plein mois de juillet pour réaliser cet article. Ils sont nombreux à ne pas être cités mais à avoir participé à cet article !


Jeanne Rousselet est responsable communication, anciennement community manager. Elle est membre du COPIL de l’Observatoire depuis 2019.

NB : cet article est en accès libre pendant une semaine puis réservé aux membres de l’Observatoire (inscription gratuite ici).

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