#WhatsApp

WhatsApp : nouvel outil de communication publique

WhatsApp s'impose dans la communication des collectivités françaises. Avec 66,1% des Français utilisant l'application mensuellement, elle devient le deuxième réseau social le plus populaire après Facebook. On ne peut plus ne pas s’interroger à l’intégrer dans sa stratégie globale de communication. Encore faut-il bien en mesurer sa pertinence et assurer son appropriation par les habitants.

, Mis à jour le  —  Lecture 8 minutes

affichage devant une sortie de métro
affichage devant une sortie de métro
L’avantage du contact direct

Depuis fin 2024, la Ville de Lille couvre progressivement ses dix quartiers d’autant de chaînes Whattsapp.
Elles viennent compléter un dispositif multi-canal déjà en place : communication de proximité « traditionnelle », des newsletters pour chacun des quartiers et publications sur les réseaux sociaux institutionnels. Un maillage plus fin du territoire mais aussi des capacités propres relevées par Baptiste Monnot, directeur de la communication à la Ville de Lille :
“ Whatsapp présente l’avantage du contact direct face aux algorithmes capricieux des réseaux sociaux traditionnels. Ce canal permet une communication ciblée et qualifiée avec les habitants, comme le message est souhaité et voulu, l’auditoire est qualifié.”
C’est une tendance décrite par Laurent François et Frédéric Cavazza dans leur article “La bataille des réseaux sociaux : 5 ans de transformations, et après ?”. Ces micro réseaux s’affranchissent des fourches caudines de la viralité pour une déliverabilité directe, de l’émetteur au récepteur.

Dix chaînes, dix quartiers, une stratégie

Dès le lancement de l’expérimentation, l’objectif était clair : renforcer le maillage numérique du territoire et proposer aux habitants un contact direct, sans filtre algorithmique.
C’est pour tester ce potentiel et le proposer aux quartiers que la Direction de la Communication a posé le socle d’une stratégie globale calibrée et déclinable.
Tout d’abord, la promesse éditoriale :

“ On n’est pas sur une news, on casse le ton instit. C’est plus direct, plus proche. L’idée, c’est que l’habitant sache ce qu’il se passe en une minute.” Robin Synak, responsable de la communication de proximité à la Ville de Lille.

Le principe : pas de doublon avec la communication globale de la Ville, sauf lors de grands événements.
Le périmètre éditorial s’établit avec les contours géographiques du quartier. Les chaînes sont pensées comme un media de vie quotidienne : infos pratiques, animations locales, actualité associative… Les infos du quartier, même les plus petites.
Le ton adopté rejoint cette hyper proximité de l’info. Le langage est spontané, l’utilisation des emojis recommandée “ le quartier parle au quartier “.
Pour ne pas lasser, spammer, la fréquence d’envoi est fixée à une fois par semaine, sauf en cas d’événements extraordinaires. Ce rythme est aussi choisi pour être soutenable par les agents des mairies de quartiers, déjà très sollicités.

Du test au déploiement

Une mairie de quartier a servi de pilote afin d’affiner la stratégie et la phase d’accompagnement…

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Avatar Thibaud Lemire
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Responsable communication numérique (Métropole Européenne de Lille) et rédacteur en chef de l'Observatoire.