⭐Facile de définir les réseaux… Ou pas !

Article écrit à 16 mains, avec les étudiants en Master CIE Apprentissage, Infocom Roubaix (59)

Nous les utilisons tous les jours, ce sont nos outils de travail et pourtant les connaissons-nous réellement ? Nous avons tenté de définir qui sont les réseaux tous ensemble…

Pour commencer mon cours auprès des étudiants, je me suis posé cette première question : comment vais-je leur définir les réseaux ? Par cibles ? Par utilisation en évoquant par exemple le fait que LinkedIn est à usage professionnel ? Puis, j’ai pensé à introduire le cours de manière ludique. Ils en ont évidemment besoin quand un énième cours aura (encore) lieu en visio… C’est ainsi que l’idée de dresser les portraits des réseaux est apparue. Et puis, pourquoi ne pas partager cette vision des réseaux de jeunes étudiants à l’ensemble des communicants publics qui suivent ce blog ? Les étudiants pourraient également s’initier à une publication via l’Observatoire… Une pierre, deux coups : de l’écriture, au partage de leur article, voici le résultat d’une réflexion à 16 mains, rien que ça !

Facebook, c’est pour les vieux ! Mais pas que…

Commençons par Facebook, un des premiers réseaux sociaux que nous avons utilisé. Aujourd’hui, comment l’utilisons-nous vraiment ? La population y est vieillissante et les jeunes le désertent. Je ne suis pas sûre qu’ils n’y sont vraiment plus. Leur réponse est qu’aujourd’hui ils y vont pour Messenger et s’échanger des informations “en privé”. C’est intéressant de voir que notre travail de publication visible en public est finalement peut-être moins pertinent que tout notre travail de l’invisible, celui des réponses privées. Sauf que, les jeunes (qui sont, rappelons-le, en étude supérieure en communication) précisent qu’ils utilisent encore Facebook pour s’informer. Ils suivent les grands journaux et c’est par ce réseau social qu’ils y trouvent les actus. Ils apprécient la véracité de Facebook, encore aujourd’hui, tant qu’ils connaissent les sources de l’information qu’ils y lisent. Effectivement, ils n’oublient pas les fake news mais se considèrent comme des personnes qui savent les détecter. Facebook est donc le lieu idéal pour trouver de l’info, mais seulement quand elles sont triées et tant que vous ne lisez pas les commentaires. Les “vieux” commentent sur Facebook. Pour eux, ce sont les tata et les papy qui partagent les théories du complot par exemple. Selon eux, c’est l’universalité de Facebook qui permet la propagation de fausses infos.

Intéressant donc. Cette catégorie de jeunes étudiants, futurs actifs, sait trier l’info donc perçoit LA bonne info. Pour autant, ils sont de plus en plus lassés par cette population (vieillissante) qui investit l’espace aujourd’hui.

Ce qui les a marqués sur Facebook dernièrement : rien de particulier ! Ils parlent du ice bucket challenge qui, aujourd’hui, se propagerait davantage sur d’autres réseaux. Il n’y a pas à dire, Facebook ne les fait plus vibrer…

Notre challenge à nous ? Montrer davantage que nos infos (partagées par des collectivités territoriales) sont vérifiées, penser à investir les espaces privés ? Ou alors considérer que l’on s’adresse aux populations plus vieillissantes sur Facebook et nous intéresser à d’autres médias pour toucher les jeunes.

Scroller, passer une story, scroller et re scroller sur Instagram…

Insta, c’est leur réseau. C’est la “galerie”, la “vitrine”, c’est là où on suit ses influenceurs préférés, qu’on trouve des idées déco et “de la bonne bouffe”. Cependant, on s’aperçoit rapidement que les sujets auxquels on s’intéresse sur Insta sont très personnalisés, donc que l’algorithme est plutôt bon. Insta, c’est aussi le lieu pour se distraire, procrastiner… Ils ne regardent pas plus le feed que les stories, les avis restent partagés à ce sujet. Pourtant, ils disent tous y passer parfois plusieurs heures sans même s’en rendre compte. “Insta, c’est chronophage !” et puis ce n’est pas la réalité. C’est le monde des bisounours même en pleine période de crise sanitaire. Instagram les inquiète également au sujet de la confiance en soi chez les jeunes et pour les générations futures.

Ce qui les a marqués sur Insta, c’est cette histoire de l’oeuf et de ce compte avec une seule photo qui possède le plus de likes. Ce qui nous questionne, ce sont les publications virales sur ce réseau.

Notre challenge en tant que communicant public ? Devenir l’une des villes “à suivre” sur Instagram, faire le buzz mais aussi (et surtout) arriver à capter l’attention à travers le scroll quotidien des jeunes. À la question “Est-ce que vous participez aux sondages en story ?”, ils répondent unanimement et tous en même temps “Ah oui !” Et puis à celle “Vous regardez les Reels ?” ils répondent qu’ils peuvent y passer des heures. Utilisons Instagram autrement, vraiment ! Des vidéos courtes et qui captent l’attention, des sondages, des quiz, des musiques. Instagram, c’est autant d’outils (simples et gratuits) qui permettent de partager de l’info… mais toujours à travers l’esthétisme !

Tik Tok, Snapchat… Oui, mais pour quels jeunes ?

“Tik Tok, ça nous fait peur parce qu’on sent que c’est trop addictif”. Voici la vision des jeunes de la vingtaine. Pour Tik Tok finalement, on parle vraiment des jeunes de quinze ans, voire plus jeunes encore. Tik Tok, pour ces jeunes entre 20 et 25 ans, c’est de la perte de temps, c’est encore un réseau social, un de plus. Et oui, ces jeunes là sont déjà sur Facebook, Twitter, Insta et plus encore… Pour les 15 ans (et moins) ce n’est pas le cas !
Pourtant le format leur plait ! “C’est drôle, ça donne envie de regarder”. Sans s’en rendre compte, ils le font puisqu’ils regardent les Reels republiés sur Instagram ou encore les “vidéos drôles” qu’on leur envoie en privé.
“C’est comme quand on écoute du Justin Bieber, c’est un peu la honte Tik Tok !” On est donc bien sur un réseau (trop) jeune.

“Tik Tok, c’est un peu le Snapchat d’hier pour les jeunes d’aujourd’hui”. Et c’est exactement ça ! Quand Snap est sorti, c’était, pour nous, révolutionnaire. On envoyait des vidéos en instantané à nos potes. Aujourd’hui, ces jeunes de 20 ans l’utilisent de moins en moins ou juste pour parler “en privé”. On peut donc peut-être déjà s’imaginer l’avenir de Tik Tok dès à présent ? Pourtant, si on veut aujourd’hui toucher les plus jeunes, on sait où les trouver…
S’adapter à l’évolution des réseaux n’est pas finalement l’essence même de notre métier ?
C’est ainsi, qu’ils ont voulu conclure cet article : “Même nous, à 25 ans, on doit se mettre à la page !”
Ce qui va peut-être réconforter certains (vieux) CM ! Ou pas…

C’est qui la poubelle d’internet ?

Les étudiants sont durs avec Twitter ! Peut-être parce que Twitter est devenu un espace d’expression trop ouvert ? Ce “PMU du coin” a pourtant de bonnes qualités selon la majorité. Cet espace public, c’est aussi des infos qui ne sont pas données par les médias eux-mêmes. En regardant les top tweets, on a une idée de ce dont les gens parlent. Avec l’exemple de #Metoo on a également le point de vue des victimes grâce aux thread notamment. Et ici, tout le monde s’exprime et donne son avis.

Quelque chose qui les a marqués : c’est ce fameux selfie des Oscars en 2014. Encore une fois le buzz.

Notre challenge : investir cet espace public ? Plus que oui. S’y faire une place ? Plus compliqué… Et si on s’intégrait davantage à cet espace public ? Et si on parlait plus “des gens” qui composent notre ville ? Je pense par exemple à des thread de témoignages d’acteurs de notre ville ou même, pour aller plus loin, de laisser tweeter à notre place…

Les réseaux sociaux expliqués à ceux qui aiment les collectivités territoriales

En bref, notre article visait un peu à expliquer l’utilisation des réseaux sociaux (par une catégorie de personnes bien définie) à ceux qui aiment les collectivités territoriales. On aurait pu vous proposer cette infographie (inspirée de l’infographie de la pizza proposée par Thibaud Lemire) :

Mais on a tout de même préféré essayer de définir quelques réseaux en fonction de nos ressentis personnels afin de mieux les analyser.

N’avez-vous jamais posé cette question à vos proches ?
“Et toi ? Comment tu utilises Facebook?” Vous devriez !


Pour terminer, ce qu’ils recherchent sur nos réseaux de collectivité sont des nouveautés, des bons plans et des événements. Du concret avant tout, donc. Malgré tout, ils utilisent Facebook pour s’informer sur leur ville et jamais sur leur département, région ou autre collectivité territoriale. Instagram pour se renseigner sur des produits et marques, et Twitter sur la politique.

Le mot de la fin ? Bon courage pour intéresser les générations futures sur de nouveaux espaces publics où les (bonnes) informations se font déjà la malle ! Intéressons-nous vraiment aux usages des jeunes générations et puis demandons-nous avant tout auprès de qui nous souhaitons communiquer.
La complexité de chacun des réseaux d’aujourd’hui est qu’ils n’ont plus vraiment de cibles définies. Ils sont composés de plusieurs classes sociales, de plusieurs générations et sont également en constante évolution en lien avec nos nouveaux usages. Je crois donc que s’adapter est plus que jamais une compétence requise pour un community manager !

🔹Jeanne Rousselet est community manager pour la Ville de Lambersart et membre du comité de pilotage de l’Observatoire socialmedia. Cet article a été écrit en collaboration avec les étudiants en Master Communication Interne et Externe en apprentissage à Infocom (Roubaix, 59) avec Rémi Martins, Elolia Drubay, Filippine Blondel, Margaux Kaced, Héloïse Vandroy, Justine Leprêtre et Solène Chaudron

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NB : cet article est en accès libre pendant une semaine puis réservé aux membres de l’Observatoire (inscription gratuite ici)