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Damien Pfister : Bonjour, bienvenue dans le podcast de l’Observatoire Comme Publique NumĂ©rique, pour parler communication, numĂ©rique, action publique, mais surtout intelligence collective. Je suis Damien, votre guide pour cet Ă©pisode. Aujourd’hui, direction Bonjour Scharazed, merci de m’accueillir. Est-ce que tu peux prĂ©senter ta collectivitĂ© s’il te plaĂźt ?
Scharazed Bensmati : Bonjour Damien, alors je suis community manager de la Ville d’Ăvry-Courcouronne, donc une collectivitĂ© de prĂšs de 70 000 habitants, l’une des villes les plus jeunes d’Ăle-de-France, qui est connue aussi pour ses cultures urbaines, et c’est ce qui fait aussi particuliĂšrement rayonner la Ville.
Damien Pfister : Merci. Est-ce que tu peux présenter un peu ton parcours professionnel ?
Scharazed Bensmati : Bien sĂ»r, alors je suis actuellement community manager, mais avant d’ĂȘtre community manager Ă la Ville d’Ăvry-Courcouronne, j’Ă©tais alternante ici. J’ai commencĂ© au sein de la Ville de Longjumeau en tant qu’Ă©tudiante au sein de l’universitĂ© d’Ăvry-Paris-Saclay, oĂč j’Ă©tais d’ailleurs ton Ă©tudiante, tu Ă©tais mon professeur. Donc j’ai commencĂ© en alternance au sein de la mairie de Longjumeau, plus prĂ©cisĂ©ment au service culturel, et puis aprĂšs en master, j’ai dĂ©cidĂ© de me tourner vers la Ville d’Ăvry-Courcouronne, parce que je suis enfant de la ville, donc trĂšs trĂšs gros sentiment d’appartenance, et j’avais vraiment envie de pousser la communication sur mon territoire, le territoire oĂč je suis nĂ©e. Donc j’ai commencĂ© en tant que chef de projet communication, donc c’Ă©tait du 360°, et puis aprĂšs j’ai dĂ» trĂšs vite me tourner sur le numĂ©rique, donc par la suite j’ai Ă©tĂ© recrutĂ©e en tant que community manager ici.
Damien : Merci pour cette prĂ©sentation. T’es jeune, ta mission c’est la prĂ©sence de la Ville sur les rĂ©seaux sociaux et notamment toucher la cible jeune. Comment tu t’y prends ? Qu’est-ce que tu as fait sur Ăvry pour essayer de rĂ©pondre Ă ce challenge ?
Scharazed : Alors en effet c’est un trĂšs trĂšs gros challenge de toucher une cible jeune, ou du moins il faut savoir s’y prendre, il faut savoir avoir les bons rĂ©flexes. Le bon rĂ©flexe d’ailleurs d’un community manager c’est sa veille. C’est trĂšs important de faire de la veille, de voir quelles sont les nouveautĂ©s, parce que le secteur du numĂ©rique c’est un milieu qui Ă©volue constamment, donc il faut toujours ĂȘtre alerte sur ce qui se passe, les algorithmes ça Ă©volue tout le temps, ça bouge. Donc la veille on va dire que c’est la qualitĂ© premiĂšre qu’il faut mettre en place.
Damien : Et donc du coup concrĂštement là ça fait combien de temps que tu es Ă Ăvry ?
Scharazed : Ăa va faire trois ans. Ăa fait deux ans et demi que je suis Ă Evry, mais si on compte les annĂ©es en alternance, ça va faire quand mĂȘme plus de plus de quatre ans.
Damien : ConcrĂštement, tu peux nous donner un exemple de ce que tu as pu faire ?
Scharazed : Alors c’Ă©tait dĂ©jĂ pour toucher les jeunes. Faut savoir que ici, on a donc une direction de la jeunesse qui est particuliĂšrement active aussi sur les rĂ©seaux sociaux. On a donc des rĂ©seaux sociaux jeunesse, on a un TikTok jeunesse, on a un Instagram, voire trois par structure jeunesse. Donc c’est une ville qui est trĂšs, trĂšs active et comme je le disais, c’est l’une des villes les plus jeunes d’Ăle de France. Donc il y a il y a dĂ©jĂ cette cible qui est prĂ©sente. On a notamment un festival, le festival Jeunes Made in ici. Donc je me suis dit que j’allais m’accaparer de ce festival en reprenant les codes, parce que c’est un festival de culture urbaine. Donc moi, la premiĂšre chose que je me suis dit, c’est pour les toucher, il faut reprendre les codes des jeunes. Il faut reprendre les codes sans rentrer dans le clichĂ© bien sĂ»r, mais il faut reprendre les codes des cultures urbaines du milieu. Et en plus je suis habitante, donc ces codes lĂ , je les ai. Donc c’est juste comment se mettre Ă la place de notre cible et se dire comment je ferais pour me toucher moi mĂȘme ? Parce que finalement, en tant qu’habitante de la ville, je ressemble aux gens que je veux toucher, donc c’est passĂ© par lĂ . Et puis aprĂšs, comme je le disais au dĂ©but, c’est beaucoup de veille, donc sur toutes les tendances finalement, il y a des il y a des trends TikTok, comme on dit, voilĂ comment on va faire pour pour reprendre ça, tout en gardant bien sĂ»r le cĂŽtĂ© institutionnel d’une ville. VoilĂ , il y a des choses qu’on ne peut pas dire, des mots qu’on ne peut pas, qu’on ne peut pas dire aussi. Donc on va rester dans la mesure du raisonnable. Pour moi, c’est ce que j’ai compris, c’est en prenant les codes de la cible qu’on souhaite toucher, on va les toucher. Et c’est pareil avec le numĂ©rique.
Damien : OK, et donc tu parlais donc des outils dĂ©diĂ©s Ă la jeunesse, notamment sur des comptes rĂ©seaux sociaux. Comment ça fonctionne ? C’est la direction de la com qui les pilote, c’est les services jeunesse, comment on produit les supports, comment on produit les Ă©lĂ©ments qu’on va publier ?
Scharazed : Alors, je vais parler un peu de l’organisation de la direction de la communication. On a deux community managers, donc moi j’ai une binĂŽme qui est community manager comme moi et qui porte par contre des thĂ©matiques diffĂ©rentes. Donc on est sur une organisation assez particuliĂšre parce qu’il y a beaucoup, beaucoup de sujets qui sont traitĂ©s Ă l’Ă©chelle d’une collectivitĂ©, enfin, tu t’en doutes. Donc tout ce panel lĂ de thĂ©matiques, on s’est dit comment on va le rĂ©partir Ă deux pour travailler en binĂŽme mais aussi en complĂ©mentaritĂ©. Mais aussi avec des affinitĂ©s. Et donc moi, comme un accord, on s’est dit je pense que ce serait cool que tu traites le sujet de la jeunesse parce que tu es jeune, tu es d’Evry, donc tu es la cible. VoilĂ . Mais il faut savoir que la direction de la jeunesse est aussi dotĂ©e d’une responsable de la communication qui aussi gĂšre des rĂ©seaux sociaux, donc jeunesse de chaque structure, dont le Tik Tok, etc. Donc je travaille aussi en binĂŽme avec elle sur ce sujet lĂ . On va dire sur un, sur un Ă©vĂ©nement, on ne va pas communiquer de la mĂȘme maniĂšre elle et moi. Soit en complĂ©mentaritĂ© ou elle, elle va ĂȘtre plus sur du contenu live comme sur Tik Tok. C’est ce qui fonctionne aussi, particuliĂšrement le contenu un peu inĂ©dit, trendy, etc. Et moi je vais ĂȘtre, on va dire, sur donner la parole aux habitants. Donc on a rĂ©ussi Ă trouver cette cette complĂ©mentaritĂ© lĂ , mĂȘme si on est encore en train de discuter sur comment faire Ă©voluer les choses, etc. De toute façon, c’est la communication numĂ©rique, c’est toujours comme ça, comment on peut Ă©voluer, comment on peut proposer autre chose, comment on peut encore plus ĂȘtre complĂ©mentaire ?
Damien : Et du coup lĂ , ça veut dire que sur les comptes rĂ©seaux sociaux, il y a potentiellement plusieurs personnes qui publient des contenus. Et il y a la question de la validation de ces contenus. Comment ça fonctionne ? Est-ce que tous les contenus sont validĂ©s ? Est-ce qu’il y a une procĂ©dure de validation ? Comment ça fonctionne ici ?
Scharazed : Alors oui, en effet, par exemple, Marie et moi, on est chacune sur des thĂ©matiques. Je vais revenir sur l’organisation qu’on a, mais du coup, on s’est dit, en plus des thĂ©matiques qu’on porte, pourquoi ne pas se donner des responsabilitĂ©s par mĂ©dia? Donc Facebook, Instagram, LinkedIn, YouTube X Je sais pas si je le cite parce que du coup on l’a quittĂ© pour des questions d’Ă©thique. Mais donc au delĂ de ça, on s’est dit pourquoi pas avoir des responsabilitĂ©s par mĂ©dias? Donc moi je porte le mĂ©dia Instagram et Facebook par exemple. Mais mĂȘme ce choix lĂ , il est en lien avec notre cible finalement, parce que je partais de l’objectif de rajeunir la cible. Donc je me suis dit en plus de porter la thĂ©matique jeunesse, j’aimerais bien porter le compte Instagram et rĂ©ussir justement Ă toucher cette cible jeune. Donc il y a cette organisation lĂ qui est d’ailleurs trĂšs, trĂšs, trĂšs pratique. Mais ça n’empĂȘche pas que moi je publie sur Facebook parce qu’il y a aussi des sujets qui peuvent intĂ©resser sur Facebook, qu’elle puisse publier sur Instagram. AprĂšs, au niveau des validations, c’est vrai qu’au dĂ©but, quand on fait. En tout cas je vais parler pour moi. Quand je suis arrivĂ©, c’est vrai qu’il fallait beaucoup faire valider que ce soit le moindre reel sur un retour d’Ă©vĂ©nement assez basique. Et finalement en fait, ça passe aussi par essayer de convaincre toujours sa direction et le cabinet notamment. Mais on se rend vite compte que finalement ce n’est qu’un reel et que ce n’est qu’une petite information et que finalement, en soi, ça ne nĂ©cessite pas forcĂ©ment une validation. AprĂšs, on prend vite les codes aussi, donc on sait quoi faire, ce qu’il ne faut pas faire Ă©galement, ou bien on va regarder aprĂšs. Il y a des points de vigilance que nous aussi on a dans notre tĂȘte. On sait.
Damien : Tu as parlĂ© de veille, qu’est-ce que tu utilises, comment tu travailles cette veille ? Et si tu avais une lĂ , une tendance, lĂ , aujourd’hui, en fĂ©vrier deux mille vingt six, la fin fĂ©vrier, oĂč est-ce qu’il y a une tendance que vous avez utilisĂ© Ă Evry, enfin que la ville a utilisĂ© et que tu as pu utiliser pour valoriser l’action publique ?
Scharazed : Ce qu’on a pu faire, par exemple, ça a Ă©tĂ© ballerine, les Reels, tout ce qui est POV, je ne sais pas si ça te parle ou pas. Je l’avais fait notamment sur une couverture lorsque Kalash Ă©tait venu sur la ville d’Ăvry-Courcouronnes. Des petits, des petits shorts, des petites vidĂ©os qui durent mĂȘme pas trente secondes mais que je publie comme ça en live. Et ça fonctionne super bien en fait. Parce que l’algorithme, il sent qu’il se passe quelque chose sur le moment.
Damien : Donc ton contenu, il est automatiquement boosté ?
Scharazed : Et ça c’est un truc qui fonctionne grave. On ne s’en rend pas compte et on ne se dit pas qu’on va le faire parce que justement, on se dit attends, si je publie un reel lĂ , comme ça, alors que je ne l’ai pas fait valider par ma direction, est-ce que je peux ou pas? Et c’est vrai que moi, c’est un truc que j’avais fait en mode rĂ©flexe parce que je n’Ă©tais mĂȘme pas censĂ© ĂȘtre mobilisĂ© ce jour lĂ et je me suis dit ah bah tiens, attends, il y a Kalash Ă Ăvry, il fait un gros concert, on est lĂ , vingt cinq mille personnes prĂ©sentes et tout. Bah en fait c’est parti, on va faire des reels, on va publier, on va montrer que ça bouge. Donc c’est parti de ça. Et je faisais des reels et je publiais sur le moment et c’Ă©tait des petits POV ou par exemple interpeller quelqu’un par la fenĂȘtre. Il faisait une petite dĂ©dicace Ă Niska, et comme c’est des petites rĂ©fĂ©rences aussi Ă Ăvry-courcouronnes et que comme je le disais prĂ©cĂ©demment, c’est des rĂ©fĂ©rences finalement pour Ivry, que ce soit Niska, ce genre de choses. Donc tu sais que dans ta tĂȘte tu sais que ça va fonctionner, mais ça passe aussi en amont par comment savoir faire aussi en ayant fait justement, on en revient Ă la veille. Bah tiens, j’avais vu ce contenu lĂ qui avait fonctionnĂ© sur Tik Tok, si moi je le tourne comme ça, mais pour tel Ă©vĂ©nement sur ma ville, bah peut-ĂȘtre que ça peut fonctionner. Il y a, il y a cette maniĂšre de faire aussi. C’est pas forcĂ©ment une tendance, mais comme ça a fonctionnĂ© sur un contenu, peut ĂȘtre que si moi je le tourne comme ça, bah ça va fonctionner aussi pour moi. Des fois c’est de la chance, des fois c’est aussi de se dire je pense avec l’expĂ©rience, Ă force de pratiquer et de faire de la couverture en live, on se dit ah tiens, lĂ c’est un moment clĂ©. Si je le capte, peut ĂȘtre que ça peut le faire.
Damien : Tu parlais, du coup, de faire des lives. Quelles sont les missions principales et comment s’organise ta journĂ©e type en tant que community manager ?
Scharazed : C’est une trĂšs bonne question parce que pour moi, aujourd’hui, il n’y a pas de journĂ©e type pour un community manager. C’est un mĂ©tier qui a beaucoup Ă©voluĂ© et qui demande aussi d’ĂȘtre un peu couteau suisse. Aujourd’hui, il faut savoir faire de la vidĂ©o. Je ne dis pas ĂȘtre experte en vidĂ©o et devenir rĂ©alisatrice, mais il faut avoir des compĂ©tences en vidĂ©o. Il faut savoir faire un peu de photos. Il faut savoir Ă©crire. C’est important. On le nĂ©glige, mais l’Ă©criture, c’est trĂšs important. Et puis, ça passe par la publication. On va dire que le centre du mĂ©tier d’un community manager, c’est de poster du contenu. Moi, par exemple, j’ai Ă©tĂ© formĂ©e en tant qu’experte en stratĂ©gie communication digitale. Donc, je mets toujours en avant la rĂ©flexion stratĂ©gique avant la publication propre et dure d’un contenu sur les rĂ©seaux sociaux. Je vais me dire, avant tout, comment je vais publier mon contenu, mĂȘme s’il s’agit d’un simple Ă©vĂ©nement que je dois annoncer ou de l’Ă©vĂ©nement d’une association locale, etc. Je vais me dire, tiens, peut-ĂȘtre que lĂ , sur Facebook, ça va moins fonctionner parce que c’est une association qui touche particuliĂšrement les jeunes. Donc, je vais particuliĂšrement axer mon post sur Instagram ou bien je peux faire le relais Ă Flora qui va communiquer sur TikTok. Mais c’est vraiment la posture d’expert sur ce type de post et d’ailleurs sur tous les posts finalement. Parce que je pense que c’est ce qui peut aussi pallier au retard dans les collectivitĂ©s territoriales, c’est le manque d’experts. Donc, je pense que l’expertise est hyper importante dans nos mĂ©tiers, que ce soit le graphisme, que ce soit le journalisme, que ce soit la gestion de projets, le community management, etc. Mais en tout cas, c’est quelque chose que je mets beaucoup en avant. Puis, pour revenir Ă ce qu’on disait, il n’y a pas vraiment de journĂ©e type. On va dire que ma journĂ©e type, c’est vrai que je passe la plupart du temps en bureau parce qu’il faut que j’ai beaucoup de posts Ă publier. Par exemple, nous, on est Ă 19 posts par semaine sur Facebook. Ăa pique un peu parce qu’on se dit, et on se bat quand mĂȘme avec ma binĂŽme sur ce sujet-lĂ , parce qu’on sait que c’est ce qui ne fonctionne pas.
Damien : En tant que collectivitĂ©s territoriales, c’est vrai qu’on est touchĂ©s par cette problĂ©matique-lĂ parce qu’on se doit d’informer nos habitants sur ce qui se passe, et en mĂȘme temps, c’est ce qu’on appelle le droit Ă l’information. On n’a pas le choix d’informer. Et il y a beaucoup de choses Ă dire.
Scharazed : Exactement, il y a beaucoup de choses Ă dire et il y a beaucoup de demandes qu’il faut traiter. Donc, c’est un chiffre qui m’Ă©tonne Ă chaque fois. Ce n’est pas ce qu’on m’a appris et ce n’est pas ce qui est le mieux, clairement, qu’on se le dise, pour les rĂ©seaux sociaux. Et mĂȘme si on essaye de trouver des solutions, par exemple, nous, on a mis en place un agenda de la semaine, un agenda de week-end, voire mĂȘme un agenda des seniors. Mais finalement, en fait, c’est 19 postes par semaine. Au contraire, ça laisse de la place pour d’autres posts qu’Ă la base, on ne pouvait mĂȘme pas traiter.
Damien : Tu es une de mes anciennes Ă©tudiantes en licence. Tu as fait un master aprĂšs. Quel regard tu portes sur cette pĂ©riode universitaire et comment tu le vis aujourd’hui en tant que professionnelle de la communication publique ?
Scharazed : Alors moi, je m’en suis rendue compte trĂšs vite. Notamment lorsque je participais Ă tes cours, je me sentais beaucoup Ă l’Ă©cart parce que j’Ă©tais la seule qui exerçait mon alternance dans une collectivitĂ© territoriale. Et notamment par rapport aux cours, c’est vrai qu’on ne parlait quasiment jamais finalement de la communication publique. Donc, c’est un problĂšme que j’ai relevĂ©. Donc, mon message va s’adresser particuliĂšrement aux professeurs d’universitĂ©, d’Ă©coles de commerce, etc. Mais c’est vrai que je pense et je trouve que c’est dommage parce que grĂące Ă justement mes expĂ©riences en alternance, je me suis rendue compte que finalement, c’est un milieu qui est hyper intĂ©ressant. C’est d’autres enjeux, c’est d’autres objectifs. C’est un challenge aussi. Et je pense que donner envie aux Ă©tudiants de rejoindre la communication publique dans n’importe quelle collectivitĂ©, que ce soit une ville, un dĂ©partement, une agglomĂ©ration, c’est tout aussi intĂ©ressant que d’aller travailler chez Coca-Cola ou dans une agence Ă Paris. Parce que justement, il y a du challenge. Et c’est ce qu’on aime aussi en communication numĂ©rique. Quand on arrive sur un endroit, sur un lieu de travail, on se dit qu’est-ce que moi je peux faire pour faire Ă©voluer les choses ? Et il y a Ă©normĂ©ment de choses Ă faire Ă©voluer dans des collectivitĂ©s territoriales. Donc, on a sa pĂąte Ă ramener. On a du bon Ă faire en tant que jeune. Et je pense que c’est ce qui peut particuliĂšrement faire Ă©voluer la communication publique numĂ©rique au sein des collectivitĂ©s territoriales. C’est que les jeunes aujourd’hui apportent leur expertise, apportent une autre vision, apportent leur propre code pour faire Ă©voluer les choses. Et je trouve que les Ă©tudiants aujourd’hui ne sont pas assez sensibilisĂ©s Ă la communication publique. Ils ne sont pas assez touchĂ©s, on ne met pas assez en avant les bons points, les points positifs. C’est vrai que ce qui est mis en avant, c’est le fait que c’est mal payĂ© , les missions ne sont pas assez intĂ©ressantes, telle ville c’est nul. Parce que c’est toi qui donne du sens Ă ton travail. C’est toi qui te choisis de te valoriser comme tu le souhaites. Et voilĂ , je dirais que c’est plus ce que je retiens par rapport Ă mes expĂ©riences.
Damien : Merci Scharazed. Est-ce que tu as un dernier mot pour clĂŽturer cet entretien ?
Scharazed : Alors oui, mon dernier mot s’adresse Ă nos confrĂšres de la communication publique. Je leur dirais de ne pas sous-estimer la cible jeune. Si on se donne les moyens, si on dĂ©cide d’innover, on est en capacitĂ© de la toucher. Pour moi, il n’y a pas de difficultĂ©. Il suffit de s’adapter Ă eux. Et puis voilĂ .
Damien : Merci Chara. Et c’est ainsi que nous renfermons cet Ă©pisode des Rencontres de l’Obs. Nous espĂ©rons que ces Ă©changes vous auront Ă©clairĂ© sur les enjeux, les dĂ©fis et les innovations au cĆur des relations entre les institutions et les citoyens. La communication publique est le moteur essentiel de la confiance dĂ©mocratique et de l’efficacitĂ© de la fonction publique. Ă bientĂŽt.