Quatre ans après une première enquête sur le sujet, l’Observatoire de la communication publique numérique a renouvelé l’opération. Il s’agissait notamment de vérifier si la situation peu rassurante pour le métier a évolué. Je vous propose de la faire autour de 10 données significatives.
368 réponses obtenues
En 2022, nous en avions 97 soit 271 de moins. Deux explications sont possibles :
- Une sensibilité pour le sujet toujours aussi vive voire plus encore en raison du contexte de multiplication de crises potentielles.
- Une communication plus poussée sur le sujet avec l’aide notamment de Cap’Com qui a inscrit le sujet à l’ordre du jour du prochain forum.
À noter : 196 des participants le font au titre d’une commune , 62 d’une communauté de communes, 18 d’une métropole.

94,3 % diffusent de l’info hors horaires habituels

Contre 88,7 % en 2020. L’engagement du service public vis-à-vis des usagers est toujours aussi puissant.
Pas de diffusion d’information hors horaires habituels pour 5,7 % des enquêtés
Les explications évoquées sont essentiellement liées à des questions de moyens – 17 réponses sur 21 – parce que la direction ne souhaite pas développer les moyens ou que les agents refusent de le faire bénévolement.

Le service rendu repose à 68 % sur du bénévolat
La donnée reste stable (68,8 % en 2022) mais s’enrichit d’une donnée complémentaire non relevée la fois précédente :

- 54,5 % de bénévolat non reconnu (donc non valorisé)
- 13,5 % de bénévolat reconnu
Aucune rémunération ou compensation pour près de 60 % des répondants
Taux légèrement en baisse par rapport à 2020 ( 65,1%), le ce chiffre reste significatif. Cela souligne le manque de considération persistant pour celles et ceux qui de manière souvent invisible contribuent à l’information du public les soirs ou le week-end.

X (Twitter) en chute libre de 44 points

Alors qu’en 2022, Twitter représentait 57 % des canaux utilisés pour la diffusion hors horaires habituels, son « successeur » X tombe à 13 %. Ces chiffres tendraient à confirmer une réelle désaffection pour ce réseau. Ils pourraient être pondérés au vu de l’élargissement du nombre de réponses à l’enquête de 97 à 368 (près de 4x).
Pour 55 % des répondants, il y a eu plus de 10 interventions menées lors des 12 derniers mois
Et entre 5 et 10 pour 27,4 % des cas. Les dispositifs – bénévoles ou non – sont donc largement sollicités.

Seules 20 organisations sur les 368 disposent d’un outil automatisé d’alerte

Les autres s’appuient sur une veille manuelle ou répondent à des sollicitations expresses.
30,3 % des répondants ne sont jamais impliqués dans les exercices de gestion de crise
Ce nombre appelle deux commentaires. Étant inférieur au nombre du bénévolat (68 %), ceci signifierait qu’une grande partie d’entre eux changent de statut entre le temps qu’ils participent à un exercice (agent en service) et lors des périodes où ils restent disponibles hors horaires habituels (bénévole). Mais cela révèle un autre souci : comment imaginer une gestion de crise sans avoir impliqué les gestionnaires des réseaux sociaux de la collectivité ou de l’organisme ?

38,9 % ne gardent pas de trace des interventions réalisées hors horaires habituels

Seuls 22,5 % le font systématiquement. Pourtant garder une trace et en faire une communication interne permettraient peut-être de faire prendre conscience que le service repose en grande partie sur du bénévolat.
En conclusion, nous constatons que la situation des collectivités a très peu évolué quant à la reconnaissance des agents qui, bénévolement les soirs et les week-end, restent connectés pour informer les usagers. Cette habitude peut faire courir un risque en cas de crise grave qui survient lorsque le bénévole se trouve en congés ou en week-end et totalement injoignable.
Au vu des risques climatiques, des menaces de désinformation, de la sensibilité des usagers, des tensions sociales… qui semblent s’exacerber, il conviendrait pourtant de reconnaître, de former, d’accompagner et d’impliquer celles et ceux qui gèrent un lien constant avec la population. Et sur le plan légal de prendre en compte le droit à la déconnexion inscrit dans la loi depuis 2021.